Bouts de ficelle, idées et activités pour une parentalité éclairée

Il était une fois un groupe de parents. Ils rêvaient d’une association qui leur proposerait de rencontrer d’autres parents, de faire des activités avec leurs enfants, de les soutenir dans leur parentalité… Un jour, l’un d’eux dit : « Mais ce n’est pas un rêve, c’est un projet ! » Ainsi naquit Bouts de ficelle.

Voici les derniers articles publiés

L’éducation positive : ce n’est pas si simple que ça

Voici un livre de Béatrice Kammerer au thème très intéressant suivi d’une critique éclairée par Marie Gervais, une auteure/autrice très intéressante aussi.

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D’après l’auteur, « Dans ce livre, vous ne trouverez pas:
❌ De conseils autoritaires
❌ De jugements culpabilisants sur votre parentalité
❌ De méthode miracle pour lui faire manger ses brocolis/booster son QI /lui faire dire bonjour à la dame

Vous trouverez en revanche:
✅ Des informations sur les origines philosophiques et idéologiques du courant de l’éducation positive
✅ Des témoignages de parents enthousiastes, critiques, sceptiques
✅ Des enquêtes sur les dessous du business de l’éducation positive
✅ Des ressources pour vous aider à identifier vos valeurs éducatives, faire des choix éducatifs qui ont du sens pour vous
✅ Des réflexions sur les risques de l’éducation positive pour la charge mentale des mères et les inégalités fe/ho
✅ Un debunking du neuro-bullshit éducatif *
✅ Des propositions pour hacker la parentalité positive afin qu’elle ne soit plus synonyme de pression, culpabilité et course au parent parfait mais de bricolage, expérimentation et droit à l’erreur ! »

Ces dernières années, les livres de parentalité en général et d’éducation positive en particulier ont beaucoup (euphémisme) convoqués des arguments supposément issus des neurosciences. Il se trouve que beaucoup de ces arguments ne sont pas solides, ou pas suffisamment, c’est ce dont je parle dans mon livre.

« L’éducation vraiment positive » = un nouveau livre vraiment utile sur l’éducation tout court !

J’aime beaucoup les écrits de Béatrice Kammerer, je ne vais pas le cacher. Fondatrice du site communautaire« Les vendredis intellos » (« avec ou sans mômes, t’as pas perdu tes neurones »),  auteure du très bon livre« Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent », paru en 2017 et dont j’avais fait une critique par ici, et journaliste sur Slate, il est difficile de ne pas être d’accord avec elle. Pourquoi ? Tout simplement parce que Béatrice ne tente pas de nous convaincre que sa vision personnelle de parent est la meilleure, et qu’il faut faire ci ou ça pour être un « bon parent du XXIème siècle » = non, car justement parce que sa passion à elle, c’est d’aller chercher, du côté de l’histoire et de la sociologie, ce qui est à l’origine de nos croyances & de nos a-prioris, et d’aller débusquer les fausses bases scientifiques & les biais inhérents à toute « solution parfaite ».

la suite de l’article ici :

« L’éducation vraiment positive » = un nouveau livre vraiment utile sur l’éducation tout court !

(le livre et mon chat) J’aime beaucoup les écrits de Béatrice Kammerer, je ne vais pas le cacher. Fondatrice du site communautaire « Les vendredis intellos » (« avec ou sans mômes, t’as pas perdu tes neurones »), auteure du très bon livre « Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en

http://education-creative.com

http://education-creative.com/blog/?p=13762&fbclid=IwAR3hJHAamIvcQhXj6X0NsWYMhd9F8kMa8Ys6wZLCwsgx49Q07Vxrax5eG1U

Et moi personnellement, j’aime beaucoup Béatrice Kammerer ET Marie Gervais dont les textes et les livres sont toujours inspirants.

Véronique

En mémoire de Jesper Juul 1948-2019

https://www.oveo.org/en-memoire-de-jesper-juul-1948-2019/#more-8528

Nous avons appris le décès, le 25 juillet 2019, du thérapeute familial danois Jesper Juul, fondateur du Familylab, « laboratoire des familles », auteur de plusieurs ouvrages traduits en français, défenseur de l’important concept d’équidignité (égale dignité des adultes et des enfants) et des valeurs d’authenticité de la relation, d’intégrité et de responsabilité personnelle (les parents ne sont pas propriétaires de leurs enfants, ils en sont responsables).

Florilège de citations du livre de Jesper Juul paru en 2012, Regarde… ton enfant est compétent, choisies par Olivier Maurel. Quelques extraits :

« Les enfants sont nés comme des personnes sociables et humaines et, pour développer ces qualités, ils ont besoin de vivre avec des adultes qui se comportent avec sociabilité et humanité. Toute forme de méthode n’est pas seulement superflue, elle est contre-indiquée, parce qu’elle fait de l’enfant un objet pour ses proches. »

« Quelle que soit la conviction des parents, toute forme de recours à la violence sur les enfants a exactement les mêmes conséquences que sur les adultes : à court terme, cela engendre de l’angoisse, de la défiance et de la culpabilité, à long terme, une faible estime de soi, de la colère et de la violence. »

« C’est l’expression de l’amour qui est essentielle au développement de l’estime de soi de l’enfant. Cela n’aide pas que les cœurs des parents débordent d’amour, si leurs actes manquent d’amour – pas intentionnellement, mais dans la perception qu’en a l’enfant. »

« Quand un enfant sent que les adultes se soucient de ses limites, il apprend à respecter les limites des autres dès qu’il y a été confronté à quelques reprises. »

« Même si nous trouvons parfois le comportement de nos enfants insupportable, nous ne devons jamais cesser de les considérer comme des êtres humains d’égale dignité. »

« On trouve encore beaucoup de parents convaincus que les enfants doivent “apprendre à obéir”, et cela entraîne presque toujours la “désobéissance”, qu’elle soit frontale ou masquée. Pourquoi donc ? Parce qu’il est indigne et outrageant de devoir obéir aux ordres quand on aimerait bien mieux coopérer. »

« La violence physique est une atteinte à l’intégrité de tout être humain – y compris des enfants. Cela concerne aussi, même si nous les appelons “le dernier recours”, les “fessées qu’ils ont bien cherchées”, le “droit de correction”, etc. Rien que le nombre d’euphémismes que nous avons inventés pour ne pas dire simplement “violence” dit quelque chose sur le fait qu’au fond de nous nous savons qu’il y a là quelque chose de mal. »

« Il est peut-être aujourd’hui plus vrai que jamais que notre façon de traiter nos enfants est décisive pour l’avenir du monde. Il existe suffisamment de preuves à l’appui pour que nous ne puissions pas espérer maintenir plus longtemps notre double jeu envers les enfants et les jeunes. A long terme, nous ne pouvons pas nous en tirer en prêchant d’un côté l’écologie, l’humanité et la non-violence et de l’autre en traitant nos enfants et nos jeunes avec violence au sens littéral de ce mot. »

Le burn-out des enfants

Un article très intéressant sur madame Figaro, daté d’avril 2016 mais toujours d’actualité :

http://madame.lefigaro.fr/enfants/burn-out-enfants-craquage-surmenage-ecole-040416-113692?fbclid=IwAR3DIWLto1fHn2u5IqWiN8SQbjC1HOKTfuSp6qNOLLHY68HnaTUIlnbEmBE

Extraits :

Soumis à la pression parentale et aux exigences scolaires, les enfants sont de plus en plus nombreux à craquer et à faire un véritable burn-out. Parfois dès la maternelle.

Le terme « burn-out » n’existe pas officiellement pour les enfants. Le mal pourrait tout aussi bien s’appeler stress, « craquage nerveux » ou dépression. Si certains observateurs ne craignent pas de faire le rapprochement avec l’épuisement professionnel, c’est bien parce que les symptômes sont les mêmes. « Le premier signe est la fatigue. [...]

Viennent ensuite l’épuisement nerveux et le moral égratigné. Au menu, difficultés d’endormissement et repli sur soi. [...] À l’instar des adultes, après les signes avant-coureurs, certains développent des troubles dépressifs, pleurent souvent et arrêtent de communiquer. Dans les cas les plus extrêmes, les conséquences peuvent aller jusqu’aux troubles alimentaires, aux conflits dans la fratrie ou aux problèmes de violence.

[...] la médecin pédiatre et haptothérapeute Catherine Dolto  : « Les enfants sont de plus en plus soumis au stress des parents, angoissés par la performance ». Il faut dire que le discours ambiant n’est pas rassurant, et la réussite de l’enfant apparaît alors, pour certains, comme un gage de sécurité face à l’avenir incertain. [...]
On assiste à une surstimulation cognitive des enfants.

Aucun milieu social n’est exempté. Si l’objectif des parents est le même – la réussite – il se traduit de façon différente. « Dans les milieux défavorisés, les enfants deviennent parfois les parents des parents, se doivent de mieux réussir et sont surmenés par la gestion de la fratrie et de la famille, explique la psychologue Aline Nativel Id Hammou. Dans les milieux aisés, on assiste à une surstimulation cognitive des enfants. » En somme, toujours plus de connaissances de plus en plus jeune. [...] « L’intelligence est avant tout affective, rappelle Catherine Dolto. C’est l’insécurité affective qui risque d’éteindre les capacités cognitives de l’enfant. »

Pour la psychothérapeute Béatrice Millêtre, le grand coupable du burn-out infantile reste « le système entier, qui exerce une énorme pression sur les enfants ». Par « système », comprenez l’école française, toujours plus élitiste

[...] Et dans une société de plus en plus pressée, c’est bien le temps qui semble manquer cruellement aux enfants. Ils n’ont plus le loisir de s’ennuyer, de souffler. Le Dr Catherine Dolto parle même de « maltraitance temporelle ». « On leur demande constamment de se dépêcher. Or, ils ont besoin de temps pour vivre, écouter, penser », ajoute la professionnelle.

Pour les aider, Béatrice Millêtre demande d’abord aux parents « de sortir l’enfant du système scolaire pendant une semaine pour qu’il déconnecte et se repose ». Ensuite la professionnelle réexplique les règles du jeu à la famille [...] . Yalmah Truong, éducatrice spécialisée en Île-de-France et partenaire de la psychologue Aline Nativel Id Hammou, intervient quant à elle directement au domicile des parents. « L’objectif est de modifier le rythme de vie de la famille, ses habitudes et de faire comprendre aux parents pourquoi l’enfant n’en peut plus », explique-t-elle. Elle demande par exemple aux adultes de coucher sur papier l’emploi du temps du petit. « Certains s’aperçoivent ainsi que l’enfant est occupé de 7 heures à 21 heures par exemple », indique l’éducatrice. Avec ce dernier, la professionnelle adapte son travail à chaque cas et redonne confiance au petit « grâce au jeu, aux dessins ou au toucher avec de la pâte à modeler ». [...]

Le 30 avril : journée de la non-violence éducative

http://www.cdumonteilkremer.com/2019/04/sans-fessee-comment-faire-la-nouvelle-brochure-en-telechargement-gratuit.html?fbclid=IwAR07ILe_SC44BAMyYBwwu2mS-YT9COvc-AIeyABzCYSeNc31DaeRWLyZblY

« Sans fessée comment faire ? » la nouvelle brochure en téléchargement gratuit :-) – Catherine Dumonteil Kremer

Pour lire la suite, téléchargez le pdf de ce livret sur le site signalé ci-dessus.

Pour télécharger l’ancienne version de ce document, c’est ici :

Sans-fessee-comment-faire-A4(1)

Exposition précoce aux écrans : danger !

Le pédopsychiatre poitevin Daniel Marcelli fait le constat de comportements inquiétants chez les enfants surexposés aux écrans. Il alarme sur leurs effets nocifs.

Depuis plusieurs années, dites-vous, les professionnels de l’enfance dressent un tableau clinique alarmant de la petite enfance.

Daniel Marcelli : « Sur le terrain, ces professionnels constatent de plus en plus de troubles. Des institutrices relatent jusqu’à trois ou quatre cas par classe, ce qui n’est pas rien. Des enfants ont des difficultés de langage, des retards significatifs dans la communication, des difficultés dans les relations aux autres. Ils font preuve de beaucoup d’instabilité et leur débit de paroles est fait de prosodies bizarroïdes : des suites de mots sans queue ni tête, comme des perroquets avec quelques bouts d’anglais. Si bien que certains observent des symptômes d’allure autistique. Pour prendre les précautions qui s’imposent, je parle plutôt d’ « exposition précoce et excessive aux écrans ». »
Le danger : « L’enfant sage comme une image »

En quoi l’écran est-il aussi néfaste chez un tout petit ?

« Chaque parent a pu en faire l’expérience : devant l’écran, l’enfant est dans sa bulle. C’est d’autant plus grave que les écrans se sont multipliés : télévisions, ordinateurs, tablettes, consoles, smartphones du père, de la mère, de la soeur, etc. Souvent on l’utilise pour « avoir la paix » et l’enfant peut passer jusqu’à quatre heures devant, jusqu’à devenir « sage comme une image ». Autant de moments pris sur le temps d’éveil, sachant que le sommeil lui prend douze heures de sa journée. »

Il entrave sa « disponibilité émotionnelle », c’est bien ça ?

[...] suite de l’article ici : https://www.centre-presse.fr/article-663999-poitiers-le-pedopsychiatre-daniel-marcelli-alarme-sur-les-dangers-des-ecrans.html

Conférence en vidéo :

Colloque \ »Les impacts des écrans sur la jeunesse\ » – 03 – Daniel Marcelli

Proposition de loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires,

http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/propositions/pion0744/(index)/propositions-loi

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 7 mars 2018.

PROPOSITION DE LOI

relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires,

(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par Mesdames et Messieurs

Maud PETIT, François-Michel LAMBERT, Josy POUEYTO, Grégory BESSON-MOREAU, Erwan BALANANT, Élodie JACQUIER-LAFORGE, M’jid EL GUERRAB, Émilie GUEREL, Nadia ESSAYAN, Sarah EL HAÏRY, Jean-Louis TOURAINE, Michel FANGET, Mohamed LAQHILA, Patrick VIGNAL, Stéphanie KERBARH, Bruno Nestor AZEROT, Jean-François CESARINI, Marie-Pierre RIXAIN, Aude LUQUET, Patricia GALLERNEAU, Nicole DUBRE-CHIRAT, Elsa FAUCILLON, Sophie METTE, Justine BENIN, Jean-Philippe ARDOUIN, Hervé PELLOIS, Bastien LACHAUD, Brigitte BOURGUIGNON, Sophie AUCONIE, Jean-Marc ZULESI, Gilles LE GENDRE, Bertrand PANCHER, Jean-Noël BARROT,

députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Tout comme un adulte, un enfant a droit au respect de sa dignité et de son intégrité physique et psychologique.

De par sa dépendance et sa vulnérabilité, il devrait être particulièrement protégé. En ce sens, le cadre de la famille, celui de l’école ou de tout autre lieu d’accueil se doit d’être sécurisant et entouré d’un climat de confiance.

Or, aujourd’hui en France, 87 % des enfants subissent, quotidiennement, des pratiques punitives et coercitives auxquelles les parents ont recours « à titre éducatif ».

Ces pratiques sont appelées Violences Éducatives Ordinaires.

Ordinaires, parce qu’elles sont banales, banalisées, communes, habituelles, courantes…

La VEO est l’ensemble des pratiques coercitives et punitives utilisées, tolérées, voire recommandées dans une société, pour « éduquer » les enfants. Elle est faite de violence verbale : moqueries, propos humiliants, cris, injures… ; de violence psychologique : menaces, mensonges, chantage, culpabilisation… ; et/ou de violence physique : gifles, pincements, fessées, secousses, projections, tirage de cheveux, tapes sur les oreilles…

Ainsi, la VEO vise à faire obéir l’enfant, stopper un comportement, lui faire apprendre quelque chose, s’épargner le regard de l’entourage, soulager l’emportement ou la peur de l’adulte.

Les parents y ont recours pour plusieurs raisons :
Par le fait d’avoir subi, eux-mêmes, la violence éducative ordinaire étant enfants, et la reproduisant ainsi de génération en génération ; par le fait de croire aux vertus éducatives de la douleur, si légère soit-elle ; les injonctions sociales ; et l’interprétation erronée du comportement des enfants, par méconnaissance de leurs besoins et de leur développement.

Les neurosciences montrent que le cerveau cognitif ou cerveau supérieur, qui permet de raisonner, de faire face à ses émotions, d’analyser une situation, de prendre du recul face à ses émotions ou à ses sentiments, est immature à la naissance et met plusieurs années à se développer. Ce n’est pas donc pas une correction ou une punition corporelle qui pourrait y remédier et faire durablement changer le comportement d’un enfant.

Ainsi, de nombreuses études démontrent aujourd’hui que la valeur éducative de la claque ou de la fessée est une fausse croyance.
Ni la fessée ni aucune autre punition corporelle, ni aucun cri, n’a comme effet un meilleur comportement de l’enfant dans la durée.

En revanche, la violence subie au sein de la famille apprend à l’enfant que l’on règle les conflits par la violence et par le rapport de force. C’est la loi du plus fort.

Des études indiquent que le recours à ces pratiques est associé à une augmentation de troubles et problèmes de comportement au cours de l’enfance. Le rapport de l’OMS sur la violence et la santé (novembre 2002) établit une relation forte entre les violences subies dans l’enfance et de nombreuses pathologies physiques et mentales :

Agressivité contre les pairs et/ou les éducateurs ; insolence ; dissimulation ; échec scolaire ou difficultés d’apprentissage ; troubles émotionnels ou du comportement ; problème de santé, physique ou mentale ; délinquance ; mauvaises relations avec les parents ; diminution du sens moral, des capacités cognitives et de l’estime de soi…

L’étude de l’Université d’Austin, Texas (Méta-analyse parue en 2016, regroupant les données de 75 études réalisées sur une période de 50 ans et portant sur 13 pays et 160 000 enfants), révèle que les punitions corporelles favorisent l’agressivité, une baisse de l’estime de soi, une baisse des performances, un comportement antisocial.

C’est un véritable problème de santé publique.

En parallèle, on sait que 75 % des maltraitances caractérisées ont lieu dans un contexte de punitions corporelles « à but éducatif » pour lesquelles les parents n’ont pas appris à empêcher l’escalade.
Il existe un lien entre violence éducative et maltraitance : la première est le terreau de l’autre, quand les paliers sont franchis et que les châtiments deviennent de plus en plus graves.

Et lorsque les tribunaux sont saisis, les magistrats se trouvent face à une difficulté à juger la limite entre violence « légère » et maltraitance ; et à juger si l’acte en question était « à but éducatif » ou non.
Car la situation en droit français est en réalité confuse et paradoxale.

Toute violence physique commise sur un adulte constitue une agression, illégale. Interdite pour un adulte, elle persiste donc pourtant sous couvert d’un « droit de correction » envers les enfants. Ce « droit de correction », en tolérant les violences « légères » et à titre « éducatif », contredit les dispositions du code pénal. Le droit français prohibe clairement les violences faites aux enfants en son article 222-13 du code pénal et reconnaît la violence contre les mineurs de moins de 15 ans commise par un ascendant légitime comme une forme de violence aggravée.

Mais le « droit de correction », jurisprudentiel et sans aucun fondement légal, suspend l’application du droit positif dans l’espace familial et éducatif !
Cette notion jurisprudentielle a encore été invoquée dans un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 29 octobre 2014 (n° de pourvoi 13-86371).

Les institutions internationales telles l’OMS, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, l’UNICEF… ont pris conscience depuis longtemps de la nocivité de ces pratiques. C’est dans cet esprit que l’article 19 de la Convention des droits de l’enfant de 1989 – que la France a signé le 7 août 1990, prévoit que : « Les États prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteintes ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitement (…), pendant qu’il est sous la garde de ses parents ou de l’un d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié. »

À ce jour, 53 pays, dans le monde, dont 22 des 28 de l’Union européenne, ont voté des lois interdisant toute forme de violence à l’égard des enfants. Et ce processus d’abolition s’accélère !
La Charte européenne des droits sociaux prévoit également l’interdiction de cette violence en son article 17.

En 2015, le Défenseur des droits a recommandé d’inscrire dans la loi la prohibition des châtiments corporels dans tous les contextes, y compris au sein de la famille.
En février 2016, alors que la France a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant depuis 26 ans déjà, le Comité des droits de l’enfant des Nations unis lui a rappelé, pour la 4ème fois, son devoir de mettre en pratique son article 19 qui lui enjoint de protéger les enfants contre toute forme de violence, si faible soit-elle : « Le Comité réitère sa demande sa recommandation à l’État-partie d’interdire explicitement les châtiments corporels dans tous les domaines, y compris la famille, les écoles et les lieux de garde et de soins alternatifs » et rappelle « qu’aucune violence faite aux enfants n’est justifiable. »

La Cour européenne des droits de l’Homme a également rappelé que les droits à la vie privée ou familiale, à la liberté ou à la croyance religieuse, n’étaient pas des arguments valables pour refuser l’interdiction des punitions corporelles.

De nombreuses institutions françaises ont récemment pris position en faveur d’une loi civile explicite interdisant les punitions corporelles et toutes formes d’humiliations, dans tous les contextes y compris au sein de la famille : France stratégie, la Commission consultative des droits de l’Homme, l’UNICEF, le collectif des 11 associations œuvrant contre les VEO, le collectif Agir ensemble pour les droits de l’enfant AEDE.

350 députés et sénateurs, le Président de la République et la ministre de la famille avaient soutenu l’amendement à la loi Égalité et Citoyenneté, voté en décembre 2016 puis censuré par le Conseil Constitutionnel quelques semaines plus tard, pour des questions de forme.
En mars 2017, le premier Plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants 2017-2019 inclut des mesures qui vont dans le sens de la prévention, à destination des familles, en agissant contre toutes les formes de violences, y compris « dites éducatives ».

En septembre 2017, deux associations luttant contre les VEO ont lancé la 1ère campagne de sensibilisation sur l’impact des violences verbales Les mots qui font mal. Et une nouvelle campagne a été lancée en ce début d’année mettant en scène deux jeunes adultes souffrant encore de violences subies dans leur enfance.

Une loi civile permettra d’avoir une base légale nécessaire pour mettre en place des campagnes d’informations, la formation de professionnels, un affichage chez les médecins…

La règle posée est de nature exclusivement civile et ne s’accompagne d’aucune sanction pénale nouvelle à l’encontre des parents. Elle énonce un principe simple et clair qui a vocation à être répété aux pères et mères, et à imprégner leur comportement futur : On ne peut éduquer son enfant par la violence.

Certains peuvent être tentés de penser que l’information sur les effets nocifs des punitions corporelles et des humiliations suffirait à faire évoluer l’opinion publique et les comportements, sans qu’il ne soit nécessaire de recourir à une loi.
Une étude parue en 2012 dans la revue Déviance et Société (p. 85 à 106) a comparé l’impact, en Europe, de l’interdiction des châtiments corporels dans plusieurs pays, dont la France. Cette étude a prouvé que seule la loi d’interdiction, accompagnée de mesures de sensibilisation, de lieux de soutien et d’accompagnement aux parents, de formations à la parentalité et de campagnes d’information, nationales et permanentes, permet d’obtenir un changement rapide de l’opinion publique et des comportements, et ainsi faire changer rapidement ces pratiques.

Il est parfois difficile d’être parent. Et on l’est avec l’enfant qu’on a été. Les parents doivent être aidés, accompagnés et soutenus, afin qu’ils permettent à leur tour à leurs enfants de devenir des adultes indépendants et épanouis.

Pour attirer l’attention de tous sur cet enjeu et au regard des éléments ici exposé, il apparaît nécessaire d’inscrire dans la loi l’interdiction absolue du recours au « droit de correction ».
Pour ce faire, la présente proposition de loi propose de compléter la définition de l’autorité parentale, prévue à l’article 371-1 du code civil, en précisant que, parmi les devoirs qui la composent, figure celui de s’abstenir de l’usage de toutes formes de violence, quelle qu’en soit la forme : physiques, verbales et psychologiques.

En agissant à la source, cette loi sera un levier d’action efficace pour réduire les maltraitances, l’échec scolaire, les maladies, les suicides, les comportements anti-sociaux et la délinquance qui découlent de ces modes d’éducation.
Cette loi vise à garantir la protection juridique de l’enfant et à poursuivre la démarche pédagogique enclenchée il y a quelques mois. La règle posée ne s’accompagnant d’aucune sanction pénale à l’encontre des parents ou de toute autre personne disposant de l’autorité parentale.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Après le deuxième alinéa de l’article 371-1 du code civil est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Les enfants ont le droit à une éducation sans violence. Aucun des titulaires de l’autorité parentale n’a le droit d’user de violence physique, d’infliger des punitions corporelles ou châtiments corporels, des souffrances morales, ou toute autre forme d’humiliation envers son enfant. »



© Assemblée nationale

Les écrans

On dit et on répète que les écrans ne sont pas très bons pour les enfants, voire pire. Malgré tout, les petits sont exposés aux nouvelles technologies, car elles font partie de notre vie de tous les jours.

« Pour les spécialistes, tel Michel Desmurget, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, ou encore l’obésité et l’espérance de vie. [...]« 

« Michel Desmurget, chercheur en neurosciences à l’INSERM, a compilé dans son livre « TV lobotomie » des centaines d’études scientifiques décrivant l’impact de la télé sur la société et sur les capacités intellectuelles de l’enfant. Le constat est affligeant. La télévision est un fléau pour tous, plus encore pour les enfants dont le cerveau est en développement. »

« Avant d’exposer ces effets, l’auteur explique plusieurs faits :
- La télévision supplantée par Internet est un mythe. L’usage des nouvelles technologies ne remplace pas la télé, il s’y additionne.
- Les plus de 15 ans passent chaque jour 3h40 devant un poste de télévision, soit 75 % de leur temps libre !
- Un écolier du primaire passe chaque année plus de temps devant le tube cathodique que face à son instituteur. »

La suite dans l’article :

https://www.mieux-vivre-autrement.com/un-neurologue-de-linserm-la-television-impacte-gravement-les-enfants.html

Voici une conférence très utile qui explique le pourquoi et le comment. Je vous recommande d’écouter ce qu’il raconte à partir de 28’16″, sur l’enfant qui ne regarde pas la télé mais qui est en présence d’une télé allumée.

TV lobotomie

Un site à explorer

Claude Didierjean-Jouveau, un soutien de la première heure de Bouts de ficelle, a son propre site, riche de nombreuses informations sur l’allaitement et le maternage :

http://www.claude-didierjean-jouveau.fr/

Un très beau cadeau

L’auteur du blog Ensemble naturellement nous fait le cadeau de partager un résumé de ses cinq années de découvertes de la parentalité bienveillante en un document téléchargeable gratuitement. Reportez-vous à son site :
http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2017/04/30/35228546.html

Cultivons le bonheur familial

Au sommaire :

Chapitre 1 – La communication
1. Le message-je
2. Je décris
3. J’exprime mes émotions
4. J’exprime mes besoins
5. Je fais des demandes

Chapitre 2 – Être attentif à l’autre
1. J’écoute
2. J’offre des choix
3. J’encourage
4. J’écris des notes
5. Je désamorce

Chapitre 3 – Des temps en famille
1. Je câline
2. J’apaise
3. Je joue
4. Je ritualise
5. Je célèbre
6. J’accompagne

Chapitre 4 – S’organiser pour gagner du temps
1. J’organise
2. Je demande de l’aide
3. Je choisis

Chapitre 5 – Prendre du temps pour soi
1. Je rencontre
2. Je prends soin de moi
3. Je respire page 42
4. Je ne suis pas parfait
5. Je profite

Journée portes ouvertes à l’école l’Envol de Vandré le 11 mars

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http://enviedecole.fr/

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